La première application de la radiation annihilatrice de positrons
dans le domaine de l'imagerie médicale est bien
documentée. Lors d'une entrevue avec William Sweet, alors Chef
des Services de Neurochirurgie à l'Hôpital
Général du Massachussetts (MGH), au début de
l'année 1950, je fis plusieurs suggestions afin
d'améliorer la qualité des images nucléaires, dans
le but de détecter des tumeurs dans le cerveau ainsi que d'autres
maladies du cerveau. Plus particulièrement, une de mes
suggestions fut que l'utilisation de radiations annihilatrices
après émission de positrons pourrait améliorer la
qualité des images du cerveau en augmentait leur
sensibilité et leur résolution. Le Laboratoire de
Recherche en Physique (PRL) au MGH venait tout juste de passer sous ma
direction et, avec l'appui des Services de Neurochirurgie, un simple scanner de positrons utilisant deux
détecteurs d'iodure de
sodium ("sodium iodide") opposés fut conçu et
construit en six mois. L'imagerie de patients auxquels on
soupçonnait des tumeurs cérébrales commença
presqu'immédiatement. Les résultats furent assez
encourageants pour qu'un supplément
(une annexe ??) incluant des résultats de l'imagerie par
positrons fut inclu dans un papier de M. Sweet sur la localisation de
tumeurs cérébrales. Le document fut imprimé dans
le Journal de Médecine de la Nouvelle-Angleterre (New England
Journal of Medicine), et apparut avec le supplément dans
l'édition de décembre 1951 [47].
Au cours de la même année, un document signé Wrenn,
Good et Handler [53] décrivit
des études indépendantes sur la détection de
radiations annihilatrices. Ces auteurs eurent par la suite d'illustres
carrières - Philip Handler devint Président de
l'Académie Américaine des Sciences - mais ne
publièrent plus de documents sur ce sujet.
Malgré l'aspect relativement grossier de cet outil d'imagerie, les images du cerveau furent nettement meilleures que celles obtenues par d'autres machines. Cet outil comportait également plusieures charactéristiques qui furent incluses dans la conception de machines ultérieures. Les données furent obtenues par l'interprétation de deux détecteurs opposés, en utilisant une méthode dite de détection de coïncidences ("coincidence detection") aidée d'un mouvement méchanique en deux dimensions ainsi que d'un méchanisme d'impression afin de former une image bidimensionnelle de la source de positrons. Ce fut notre première tentative à l'enregistrement de données tridimensionnelles dans la détection de positrons. Un article publié en 1953 décrivit cette machine et inclut des résultats préliminaires (Brownell et Sweet 1953 [8]).